AU BOUT DE LA NUIT de David Ayer:
Le réalisateur de BAD TIMES enchaîne tous les poncifs dans ce polar passable adapté de James Ellroy...Keanu Reeves fait ce qu'il peut,mais on ne croit guère à son portrait de flic torturé et
"bad ass",et Forrest Whitaker surjoue péniblement dans un final bâclé...autant revoir les méconnus DARK BLUE et COP,thrillers qui offraient au moins les prestations réjouissantes de Kurt Russell
et James Woods.
BONS BAISERS DE BRUGES de Martin McDonagh :
Jolie surprise estivale que ce polar un peu décalé,fantaisiste et mélancolique,qui brille particulièrement par une écriture soignée,attentive jusqu'aux seconds rôles,et qui est
porté par l'excellence de son casting (Brendan Gleeson et Ralph Fiennes,impériaux,et Colin Farrell qui trouve là un de ses meilleurs rôles,en jeune chien fou dépressif).
Un premier film prometteur qui remporte actuellement un succès d'estime mérité en France!
DIARY OF THE DEAD de George Romero:
Romero par paresse et/ou par contrainte financière persiste dans sa veine "zombiesque" avec ce DIARY OF THE DEAD formaté pour notre génération Internet et qui se présente comme un
pamphlet contre les dérives de nos médias.
Le discours de Romero aura rarement été aussi désespéré qu'ici,mais si cette noirceur rend le film légèrement plus prégnant que le très poussif et anecdotique LAND OF THE DEAD,le
cinéaste a aussi malheureusement tendance à tourner en rond,abusant de dialogues explicatifs et sentencieux,frisant l'auto-parodie (la fin qui récupère les images de LA NUIT DES MORTS-VIVANTS,le
sous Ken Foree qui héberge les "héros"...) et sacrifiant également sa mise en scène à l'autel d'un filmage Youtube indigent et laid.
HANCOCK de Peter Berg:
Etrange blockbuster estival,tiraillé entre les volontés divergentes de ses auteurs,HANCOCK doit finalement sa légèreté certaine à sa structure en deux parties,la
première gentiment irréverencieuse nous vengeant des niaiseries récemment pondues par Sam Raimi,la deuxième moitié plutôt abrupte du film nous narrant quant à elle la quête quasi
existentielle de ce super héros crado et infréquentable.
On se prend à rêver à ce que Michael Mann (producteur et réalisateur initialement pressenti pour tourner le film avant COLLATERAL) aurait pu tirer de ce matériau hybride mais en
l'état,malgré la mise en scène un peu chichiteuse de Berg,HANCOCK est une plaisante excroissance hollywoodienne!
INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRANE DE CRISTAL:
Un des plus mauvais films de Spielberg,où le très inégal réalisateur de JAWS cachetonne tristement avec ses compères,rarement aussi peu convaincants (pauvres Karen Allen,John Hurt,John
Williams,Janusz Kaminski...),peu aidés il est vrai par un montage mou très "lucassien",des touches d'humour peu finaudes,un abus d'effets numériques perfectibles,un scénario miteux dénué
d'enjeux...
LA PERSONNE AUX DEUX PERSONNES de Nicolas et Bruno:
Une des bonnes surprises françaises de l'année que cette comédie joliment écrite et jouée qui évoque l'univers de Tati et de Carl Reiner (le point de départ évoquant le méconnu SOLO POUR DEUX/UN
CORPS POUR DEUX)...Daniel Auteuil après ses prestations cabotines dans l'univers tragi-comique d'Olivier Marchal (les très mauvais MR 73 et 36 QUAI DES ORFEVRES) trouve ici sa rédemption avec ce
rôle de petit employé tristounet de la Cogip qui finit par s'accomplir dans sa schizophrénie.